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Prendre soin de soi, ça veut dire quoi au juste ?

13 oct.
6 min de lecture

« Prends soin de toi. » « Attention à toi. » « Prends du temps pour toi. »


Toi aussi, tu les connais, ces phrases qu'on entend partout. En fin de conversation, sous une publication, dans la bouche d'une personne proche qui te trouve les traits tirés. Parfois même, c'est toi qui les prononces, par habitude ou par politesse.


C'est gentil, oui. Mais si on s'arrête deux minutes pour se pencher sur la question : concrètement, qu'est-ce que ça veut dire, prendre soin de soi ?


Prendre un bon bain chaud ? Dormir plus ? Oser dire non au boulot ? Partir en week-end ? Tout ça à la fois ?


À force d'être répétée, l'expression est devenue un peu creuse, je trouve. Elle rejoint ce fameux « Salut, ça va ? » qu'on lance par réflexe, sans vraiment attendre de réponse.


Et en même temps, elle laisse entendre qu'il existerait une bonne façon de faire. Une méthode que tout le monde semble connaître, sauf nous. Comme si on passait à côté de quelque chose.


Il n'existe pas de recette miracle, comme pour beaucoup de choses. Pour moi, prendre soin de soi commence par une réflexion. Une question simple et honnête : de quoi ai-je besoin, moi, en ce moment ?


Alors prenons ce temps ensemble pour y répondre.


Femme en pull dans un fauteuil, lisant  avec une tasse, sous un plaid, ambiance cosy et bougie.

Prendre soin de soi : ce que ça n'est pas


Avant d'essayer de définir ce que c'est, faisons un peu de ménage dans les idées reçues.


Ce n'est pas un achat.

Le « self-care » n'est pas né dans une boutique. En 1988, la poétesse et militante Audre Lorde, alors en convalescence après un cancer, écrit que prendre soin d'elle n'est pas un caprice, mais une question de survie.


Depuis, les réseaux sociaux en ont fait une vitrine, avec un message caché : si tu vas mal, c'est qu'il te manque quelque chose, et ça s'achète. Sauf qu'une bougie parfumée n'enlève pas la surcharge de travail. Le soulagement dure le temps d'un achat, puis la fatigue revient.


Je vends des produits de soin, alors je vais être honnête avec toi : un objet peut accompagner un beau moment. Prends un bain avec la plus belle bombe de bain du monde. Si tu fais défiler tes mails pendant ce temps, tu n'as pas pris soin de toi. Tu as juste pris un bain. Ce qui fait la différence, c'est l'attention que tu y mets.


Ce n'est pas une case à cocher.

Méditation, journal, dix mille pas, deux litres d'eau… Les routines bien-être sont devenues des listes de tâches, et quand tu n'arrives pas à tout faire, tu culpabilises. Méditer dix minutes en pensant à ta liste de courses, ce n'est pas prendre soin de toi. Mieux vaut un seul geste fait pour de vrai que cinq faits en pilote automatique.


Ce n'est pas toujours agréable.

Parfois, prendre soin de toi, c'est prendre enfin ce rendez-vous chez le médecin que tu repousses depuis des mois. Trier tes papiers. Avoir cette conversation difficile que tu évites. Pas très glamour, mais c'est souvent ce qui soulage le plus. Le confort fait du bien sur le moment. Régler ce qui traîne fait du bien sur la durée.


Ce n'est pas de l'égoïsme.

Beaucoup de personnes culpabilisent de s'accorder du temps, surtout quand leur entourage compte sur elles. Pourtant, t'accorder de l'attention ne retire rien aux autres. Quand tu tournes à vide, tu as moins de patience, moins d'énergie, et tu finis par craquer.




Les quatre visages du soin de soi


Corps, tête, émotions et relations, limites. Si tu as déjà lu un article sur le bien-être, tu connais la liste : dormir, bien manger, bouger, faire des pauses, couper les notifications, voir les gens qui te font du bien, apprendre à dire non.


Oui, on le sait. Et oui, je le répète, parce que c'est vrai. Mais on le sait déjà, et visiblement, ça ne suffit pas. Alors essayons d'aller un cran plus loin.


Le corps : écouter avant la panne. On attend souvent d'être à bout pour réagir. Pourtant, le corps prévient bien avant. Chez moi, ce sont les muscles derrière les omoplates qui se tendent. C'est mon signal : « Ralentis, là, tu en fais trop. » Et si je ne l'écoute pas, deux ou trois jours plus tard, j'ai le haut du dos complètement bloqué, comme un torticolis qui descendrait jusqu'au milieu du dos.


Alors quand il arrive, je lève le pied. Je fais plus attention à ma posture, je prends des charges moins lourdes à la salle. En rentrant, je m'accorde une séance d'automassage et d'étirements, puis une douche bien chaude avec un galet d'aromathérapie. Un petit moment de spa à la maison, qui m'aide à relâcher.


Galet d’aromathérapie blanc posé sur une soucoupe vert d’eau, sur un fond en bois
"Galet Aromathérapie"

Chez toi, c'est peut-être la mâchoire qui se serre, un mal de tête qui revient, ou la faim que tu repousses « après ce mail ». Prendre soin de ton corps, c'est apprendre à repérer ton signal à toi, avant la panne. Et parfois, c'est simplement le laisser tranquille, arrêter de le voir comme un projet à corriger.


La tête : retrouver l'ennui. Avant, dans une file d'attente, je sortais mon téléphone par réflexe pour scroller, même pour trois minutes. Pareil au bar, dès que la personne avec qui j'étais s'éclipsait pour aller aux toilettes ou saluer quelqu'un. Le moindre temps mort, je le remplissais.


Ce n'est que récemment que j'ai appris à laisser mon téléphone dans ma poche. Ces trois ou quatre minutes, je les passe maintenant à regarder ce qui se passe autour de moi, à entendre les conversations sans vraiment les écouter. Juste être là.


La prochaine fois que tu fais la queue, essaie. Ça paraît bête, mais c'est souvent dans ces petits moments vides que l'esprit se pose enfin.


Table de café en bois avec smartphone, tasse, livre, carnet et stylo, ambiance calme et studieuse.

Les émotions et les relations : apprendre à recevoir. On parle souvent de prendre soin des autres, de ses proches, de ses amitiés. Mais prendre soin de tes liens, c'est aussi accepter de recevoir : de l'aide, un compliment, un coup de main.


Et ça, je l'avoue, c'est encore un de mes points faibles. J'ai toujours eu du mal à demander de l'aide quand j'en avais besoin. Sûrement une habitude de solitaire. Mais j'apprends, tout doucement.


Si toi aussi tu as du mal, commence petit. La prochaine fois qu'on te fait un compliment, essaie juste de dire « merci », sans te justifier ni le minimiser. C'est déjà un début.


Les limites : arrêter de dire oui à tout. « Apprends à dire non », on te l'a sûrement déjà dit. Moi, je dis presque toujours oui. Et jamais assez non. Mon dos, d'ailleurs, s'en souvient : quand j'en accepte trop, c'est souvent lui qui finit par dire non à ma place.

Une piste pour y voir plus clair : chaque fois que tu dis oui à quelque chose dont tu n'as pas vraiment envie, tu dis non à autre chose. À ton temps, à ton repos, à ce dont tu as besoin.


Alors avant ton prochain oui, pose-toi une seule question : est-ce que j'en ai envie, ou est-ce que je n'ose pas refuser ?




Et toi, par où commencer ?


Pas besoin d'une liste de vingt conseils. Trois questions suffisent. Prends cinq minutes, un bout de papier, et réponds sans trop réfléchir.


1. Qu'est-ce qui me fatigue le plus en ce moment ? Le manque de sommeil, la charge mentale, une relation, le travail ? Inutile de lancer un grand programme : commence par ce qui pèse le plus. Si c'est le sommeil, ton premier geste, c'est peut-être juste de laisser ton téléphone hors de la chambre ce soir.


2. Qu'est-ce que je faisais, la dernière fois que tout allait bien ? Une balade, un repas partagé, un après-midi sans rien prévoir ? La réponse t'en dira souvent plus que n'importe quel article bien-être, celui-ci compris.


3. Qu'est-ce que je pourrais arrêter ? Prendre soin de soi passe parfois par enlever plutôt qu'ajouter. Une habitude qui t'épuise, un engagement que tu tiens par obligation, un compte que tu suis et qui te met mal à l'aise. Retirer une seule chose libère parfois plus de place que d'en ajouter trois.


Tes réponses changeront d'une semaine à l'autre, et c'est normal. Le soin de soi n'est pas une routine figée. C'est une attention que tu te portes, régulièrement.




Prendre soin de toi, pour de vrai


Il m'a fallu pas mal de dos bloqués pour comprendre ce que prendre soin de moi voulait dire. Aujourd'hui, ça peut être aller me défouler à la salle. Me poser dans un parc avec un bon sandwich de la boulangerie du coin, à écouter la nature autour. Me faire un film en solo au ciné. Ou une soirée jeux de société entre potes, à rire aux éclats.


Joueurs autour d’un jeu de plateau sur table en bois, cartes et pions colorés, avec un verre de vin, ambiance conviviale.

Parce que c'est aussi ça, prendre soin de soi : savoir de quoi on a besoin, au moment où on en a besoin. Savoir quand prendre du temps pour soi, et quand en prendre avec les autres.


J'ai créé C.Karré pour ces moments-là : réunir une variété de produits qui accompagnent la détente, quel que soit ton budget. Mais je te l'ai dit, ils ne feront pas le travail à ta place. Mes produits, c'est le décor. Le soin, c'est toi qui le fais.


Et toi, c'est quoi ton signal ? Dis-le-moi en commentaire, ça m'intéresse vraiment.


Alors, prends soin de toi. Pour de vrai, cette fois.

 
 
 

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